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Loin de chez moi - Interview de Marine Delterme

Loin de chez moi

Loin de chez moi (Partie 1)
Lundi 18 octobre à 21:05

Loin de chez moi - Interview de Marine Delterme

publié par Karelle Bourgueil le 28/09/2021
«Un thriller imparable»
Morgane, jeune étudiante de 19 ans, arrive à Amsterdam au sein d’une famille française pour être la nounou de leurs deux enfants. Accueillie par Victoire et son mari Guillaume, Morgane apprend que leur précédente fille au pair a disparu dans d’étranges circonstances. Marine Delterme incarne cette mère de famille rongée par la culpabilité de cette disparition.
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Qu’est-ce qui vous a séduite dans ce projet ?
Loin de chez moi est un thriller imparable extrêmement bien écrit avec un côté glamour et un casting très chic. J’appréciais que l’on parle des expatriés, un sujet rarement abordé, et j’aimais l’idée de me glisser dans ce monde très fermé, à Amsterdam, dans un décorum que je trouvais vraiment excitant. Souvent, les thrillers se passent à Paris. Là, on évolue dans une bulle complètement différente avec, cerise sur le gâteau, des personnages aux facettes très ambivalentes. On est un peu comme dans un conte avec la jeune fille qui arrive dans la mauvaise maison. A l’image des films de Chabrol, derrière l’apparence lisse des milieux privilégiés, tout se craquelle et n’est pas aussi parfait que l’on peut le penser.

Qui est Victoire ?
Mariée et mère de deux enfants, Victoire est une artiste peintre. Elle est à un moment crucial de sa carrière. L’exposition qu’elle prépare montre qu’elle a su se relever de sa séparation douloureuse avec son ex-mari et renouer avec son métier et sa passion. Victoire apparaît comme une femme fragile mais bienveillante. Très perturbée par la disparition de sa précédente fille au pair, elle ressent beaucoup de culpabilité et essaye de faire au mieux en accueillant Morgane. Héberger une fille au pair est une responsabilité particulière. Il faut être présente, s’investir dans la relation, faire attention aux écueils. Il y a un équilibre difficile à trouver entre une famille et un élément extérieur qui y est parachuté. Loin de leur pays et de leur langue d’origine, ces jeunes filles, qui endossent de grandes responsabilités malgré leur jeune âge, sont très isolées et peuvent être totalement perdues en cas de soucis. Dès son arrivée, Morgane est prise dans la lutte qui oppose Victoire et son ex-mari. On sent que leur séparation s’est extrêmement mal passée et leur relation mortifère imprègne toute la maison.

Votre personnage peint, vous-même, vous sculptez…
C’est la deuxième fois que j’interprète une artiste peintre et cela me plaît beaucoup. Les peintures du film ont été réalisées par Alicia Alonso qui a fait un travail formidable. Chaque personnage est représenté avec un élément qui le caractérise, une ambiance propre à sa personnalité. On a beaucoup échangé pour faire évoluer ses toiles. C’est toujours un grand bonheur pour moi d’être dans un atelier et de peindre. J’ai été happée par l’histoire de cette ombre qui arrive sur ses peintures.

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Une séquence vous a-t-elle marquée plus qu’une autre ?
Outre celles à l’atelier, je garde un souvenir particulier des scènes avec les enfants et avec Lucie Fagedet. Nous avons développé une belle complicité. C’est une actrice étonnante. Physiquement, elle a une allure encore assez enfantine mais en même temps, à certains moments, notamment dans les séquences dans les bars, elle apparaît en jeune femme sublime et glamour. Elle incarne parfaitement ce passage de l’adolescence à l’âge adulte. On sent que Morgane peut être mise sous emprise ou en danger assez facilement mais l’aplomb de Lucie amène beaucoup de force à ce personnage.

C’est la première fois que vous tournez avec Marc Lavoine…
Oui et pourtant on se connait depuis trente ans ! J’ai eu beaucoup de bonheur à jouer un couple avec lui. J’apprécie sa force, l’étrangeté qu’il dégage et son charisme. On s’est tout de suite sentis connectés.

Quelle ambiance régnait sur le tournage ?
L’atmosphère était assez glaçante ! Tout en hauteur, avec une base très étroite sans lien avec le jardin et des escaliers à n’en plus finir, la maison était encore plus angoissante dans la réalité. Les paliers, les couloirs et les pièces dans les couleurs marron et rouge renforçaient le sentiment d’oppression. La magnifique lumière de Jean-Philippe Gosselin, le chef opérateur à qui l’on doit également Le bazar de la charité, collait parfaitement à l’ambiance du film. J’ai beaucoup aimé travailler sous la direction de Frédéric Forestier. Réputé pour ses comédies à succès, comme Astérix aux Jeux olympiques ou Le boulet, il s’essayait pour la première fois au thriller et il a très bien réussi ! La musique, aussi, est formidable, puissante et peu banale.

Quelle est votre actualité ?
Je débute, le 13 octobre prochain, le tournage du double épisode final d’Alice Nevers. Une fin flamboyante qui clôture vingt ans de série. L’histoire se déroule dans le milieu des courses hippiques, au Mont Saint-Michel, à Granville et à Deauville. Une immersion dans l’univers des jockeys avec de nouveaux personnages. C’est à la fois un renouveau et un final avec un mariage à la clé.