Infidèle saison 2 - Interview de Claire Keim

Infidèle

Episode 7
Jeudi 1 octobre à 21:05

Infidèle saison 2 - Interview de Claire Keim

publié par Karelle Bourgueil le 08/09/2020
«Emma est aveuglée par sa propre colère»
Après une première saison où sa vie volait en éclats, le docteur Emma Sandrelli tente de se reconstruire auprès de son fils et de ses patients. Claire Keim se glisse à nouveau dans la peau de cette femme meurtrie.
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Dans quel état d’esprit retrouviez-vous le personnage d’Emma ?
J’ai eu la sensation de revenir sur une scène de guerre, dans les braises encore fumantes de la déflagration de la fin de la saison 1. J’étais attachée à mon personnage et l’histoire ouvrait de nombreuses possibilités que j’étais impatiente de découvrir. Je pensais qu’un certain laps de temps se serait écoulé entre la fin de la saison précédente et la nouvelle mais on retrouve finalement les personnages au lendemain de leur séparation. Emma est encore fébrile, presque tremblante des derniers événements.

Comment ont évolué ses sentiments envers son ex-mari ?
Rien n’est réglé, qu’il s’agisse de sa séparation avec Matteo ou de la garde de Luigi. On ne sait pas tout de suite où ils en sont et je préfère garder un peu de surprise. Mais j’ai parlé de braises fumantes… C’est une bonne façon de résumer les choses ! Quand Emma tombe sous le charme de Gabriel, un jeune ostéopathe de 25 ans, elle est encore dans la colère. Au début, elle se distrait de ses tourments et essaie de se réapproprier son corps, mais pas encore son cœur. Les deux personnages sont dans un timing différent et rien n’est simple pour Emma.

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Proche de son fils Luigi et soucieuse de son bien-être, elle semble pourtant ne rien voir de ce qu’il traverse. Comment l’expliquez-vous ?
Emma vit à côté de Luigi depuis quelque temps en étant aveuglée par sa propre colère, son amour perdu, volé, et sa déception. Sans doute néglige-t-elle un peu son fils et passe-t-elle à côté d’un cap difficile et important pour lui alors qu’il a subi de plein fouet la guerre entre ses parents.
Ce fut très violent à jouer. Emma a des réactions assez contradictoires. Elle porte peu d’attention à son fils et ne voit pas qu’il est en train de s’enfoncer doucement. Quand soudain elle le réalise, elle a une réaction excessive. Sa violence envers ceux qui veulent se mettre en travers de son chemin pour protéger son fils est tout à coup démesurée. Elle éprouve sûrement une forme de culpabilité.

Cette deuxième saison se détache complètement de la saison 2 de la série originale «Dr Foster» dont «Infidèle» était inspirée. Que pensez-vous de ce choix scénaristique ?
Les options de la saison 2 originale étaient assez radicales et allaient loin dans la folie des personnages et leurs excès. Les scénaristes ont recentré cette saison sur les conséquences intimes, psychologiques de l’adultère et du divorce sur l’ensemble des personnages. Elle est davantage dans le réalisme et l’humain.

Comment se sont passées les retrouvailles avec l’équipe et les autres comédiens ?
Il y avait de la joie à se retrouver et à continuer un bout de chemin avec ces personnages dans ce beau Pays basque. Tom Leeb, qui interprète Gabriel, et Grégoire Paturel, le nouveau comédien qui joue mon fils, partagent une même nature : ils sont adorables et drôles, très bons camarades de jeu et de tournage.
Deux réalisateurs se sont relayés. Je ne connaissais pas Didier Bivel personnellement mais j’avais vu son travail qui est à son image, profond et élégant. Enfin, j’étais heureuse de retrouver Didier Le Pêcheur que je commence à bien connaître.

Gardez-vous à l’esprit une scène en particulier ?
Ma première scène avec Jonathan Zaccaï m’a marquée. J’étais un peu perdue dans la chronologie de leur relation. Mais quand Matteo entre dans le cabinet médical pour parler de leur fils, les deux personnages se retrouvent naturellement. C’était assez irréel. J’avais le sentiment de ne pas jouer, ils existent tellement par eux-mêmes. Cela semblait dingue de les laisser se parler et s’observer.

Quels sont vos projets ?
Je vais entamer le tournage de Renaissance (titre provisoire), une série pour TF1 qui me tient particulièrement à cœur. On en parle depuis 5 ans avec les producteurs et je suis très heureuse que ce projet se concrétise. L’histoire, qui parle de l’identité, de la greffe d’organe et de l’adoption, est magnifique. J’ai une fois de plus la chance de pouvoir tourner chez moi, au Pays basque, ce qui est un luxe inespéré.