Clem - Interview de Lucie Lucas

Clem

Pour la vérité
Lundi 28 septembre à 21:05

Clem - Interview de Lucie Lucas

publié par Vanessa Vincent le 25/08/2020
«Clem s’est construite dans l’épreuve»
Au début de cette 10e saison, Clem, qui continue à se reconstruire après six ans passés dans le coma et la mort de sa mère, se recentre sur l’essentiel : ses enfants. Son répit est pourtant de courte durée lorsque sa fille, Emma, tombe malade… Lucie Lucas revient sur les enjeux de cette nouvelle saison.
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Où en est Clem aujourd’hui ?
Mon personnage se concentre sur l’essentiel : ses enfants. Clem a trouvé un emploi dans une usine de textiles et elle aspire plus que jamais à savourer le goût des choses simples. Sortie de cet état d’urgence cataclysmique dans lequel elle se trouvait la saison dernière, elle va mieux. Elle a récupéré la garde de ses enfants et leurs liens se sont resserrés. Elle peut désormais reprendre sa vie en main. Hélas, Emma a de nouveau des soucis de santé et cela ne va pas s’arranger... Clem va donc devoir faire front. Heureusement, Valentin est là. Il poursuit ses travaux d’intérêt général avec sérieux et se montre très mature. Cet état d’esprit va notamment lui permettre de s’intéresser à l’écologie d’une façon singulière.

«Chaque jour, je dois faire l’effort de ne pas être triste, mais je n’ai pas fait mon deuil», affirme votre personnage en ce début de saison. Qu’en pensez-vous ?
Effectivement, Clem n’a pas du tout eu le temps de faire son deuil. Elle est sortie du coma et a appris simultanément la mort de sa mère et que six ans s’étaient écoulés ! Ses enfants la reconnaissaient à peine et elle ne pouvait plus marcher. Son urgence a été de retrouver un minimum de motricité tout en regagnant l’affection de ses enfants et son rôle de maman. Une fois que cela a été fait, elle a dû très vite retrouver sa place dans la société, gagner sa vie et essayer de s’épanouir en tant que femme. Clem n’a pas le choix : elle doit avancer. C’est une femme forte qui s’est construite dans l’épreuve. Le deuil fait partie de sa vie : elle a déjà perdu le père de Valentin et elle pleure toujours la disparition de sa mère.

Dans ces circonstances, est-elle prête à vivre une histoire d’amour avec Fred ?
Elle vient tout juste de se stabiliser et hésite à se lancer dans une nouvelle histoire d’amour bien qu’elle s’attache à Fred, dont la présence la rassure. Elle redoute de faire des choix qui pourraient à nouveau déstabiliser son foyer. Elle a donc beaucoup de mal à se laisser aller. Pourtant, elle a besoin de s’octroyer un peu de douceur et d’insouciance. Après quelques hésitations, elle baisse rapidement la garde, mais ce lâché prise aura de lourdes conséquences…

Votre personnage se lie rapidement avec Rachel, incarnée par Juliette Arnaud. Qui est-elle ?
Rachel est le genre de personne avec laquelle on se lie très vite, même si on ne la connaît pas véritablement. Entre Clem et elle, l’entente est immédiate et elles deviennent rapidement complices. Pour autant, beaucoup de choses vont se passer… Je connaissais Juliette Arnaud à travers sa chronique sur France Inter et sa pièce de théâtre Arrête de pleurer Pénélope, mais nous ne nous étions jamais rencontrées jusqu’alors. C’est un bonheur de tourner avec elle ! Elle est géniale, très drôle et possède de grandes valeurs humaines.

Dix ans, c’est aussi l’occasion de dresser un bilan. Qu’est-ce qui continue à vous séduire depuis le début de cette longue aventure ?
Les scénarios continuent à me plaire et j’ai envie de les défendre. Les auteurs sont très créatifs. Ils ne choisissent jamais la facilité et essaient beaucoup de choses afin que le public ne se lasse pas et se retrouve dans cette série. Ils aiment jouer avec les nerfs des téléspectateurs - en particulier dans cette saison - et c’est très réussi. L’engouement du public me touche toujours beaucoup. Même si nous prenons le risque de le dérouter, il reste fidèle. Par ailleurs, j’ai la chance de vivre une aventure humaine fantastique depuis le début et d’être très nourrie sur le plan artistique. La production, avec laquelle nous échangeons beaucoup, nous laisse une grande liberté. Il y a une vraie synergie entre nous tous, qui s’est façonnée année après année. Les producteurs sont très présents, à l’écoute, et les scénaristes viennent souvent sur le tournage. Certains jouent même parfois dans la série ! Travailler à ce point en équipe est unique et gratifiant. Stéphane Malhuret, qui avait déjà réalisé quatre épisodes la saison précédente, est un chef d’orchestre très talentueux et créatif. On ne peut rêver de conditions plus optimales.

L’écologie est l’un de vos combats personnels. Quelle dimension revêt-elle sur le tournage et dans votre quotidien ?
Nous avons fait de nombreux efforts sur le tournage de Clem pour produire de façon plus écologique et respectueuse de l’environnement. Une marge de progression est encore possible. Je ne veux plus tourner dans des productions qui ne feraient pas leur part pour l’environnement. Nous devons tous faire des efforts dans notre quotidien et le travail en faisant partie, il est indispensable d’en faire dans ce domaine-là aussi. A titre personnel, l’écologie a toujours tenu une grande place dans ma vie quotidienne. Après cette période troublée, j’invite les Français à repenser plus largement au concept d’autonomie et de savoir-faire local. La mondialisation a sûrement de bons côtés, mais on en voit les limites. Aller chercher des ressources à l’autre bout du monde et continuer à voyager autant à travers le globe est-il si indispensable ? La France offre une infinité d’horizons différents à explorer et l’émerveillement peut être à proximité. Notre devoir est d’aider à rétablir un équilibre et à le préserver. Il faut retrouver notre place au sein du système vivant : je suis convaincue que le bonheur se trouve là.