Grand Hôtel - Interview de Victor Meutelet

Grand Hôtel - Interview de Victor Meutelet

publié par Vanessa Vincent le 17/08/2020
«Je suis très gâté par la vie !»
Vous l’avez aimé dans «Le bazar de la charité» ? Vous allez l’adorer dans «Grand Hôtel» ! A 22 ans, Victor Meutelet incarne à nouveau un personnage charismatique dont la fougue et l’audace ne vous laisseront pas indifférent. Mais au fait, comment le jeune acteur vit-il cette période intense ? Réponses avec le principal intéressé.
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Qui est Anthony Costa ?
C’est un personnage assez mystérieux. Nous comprenons très vite qu’Anthony s’est fait engager dans un seul but : retrouver sa sœur Amélie. Serveuse dans ce palace, elle a disparu sans laisser de traces depuis trois mois. Sa sœur est son unique famille, il l’aime plus que tout et il se lance à corps perdu dans cette quête personnelle. Il ne déviera pas de son but. Le point de départ très simple de ce personnage m’a beaucoup plu, tout comme sa détermination sans faille.

Anthony ne s’attendait certainement pas à tomber amoureux de Margaux, l’héritière de la famille Vasseur, sur le point d’épouser le directeur de l’hôtel…
Effectivement, il n’avait pas du tout prévu qu’un grain de sable viendrait gêner ses plans… Margaux remet ses certitudes en question. Il va donc devoir gérer une histoire d’amour naissante sans perdre de vue son objectif principal. Il va ainsi prendre une route différente de celle qu’il avait en tête. A un moment, il va douter et se demander s’il peut mener deux combats de front ou accepter de faire un sacrifice. Il est confronté à plusieurs dilemmes.

Entre les non-dits et les secrets de chacun, sa quête de vérité semble semée d’embûches. Comment va-t-il s’adapter ?
Anthony évolue dans un milieu «qui pue l’argent» comme il l’affirme avec lucidité. Ce n’est pas son univers et il l’assume totalement. Certaines pratiques peuvent le déboussoler, mais il est très malin. Il sait s’adapter et se fondre dans la masse même si son impulsivité peut lui jouer des tours. Il doit vraiment se contrôler car sinon, il risque d’être très vite démasqué. S’il est perturbé par le fait que son acolyte Will apprenne rapidement son identité, il réalise tout compte fait qu’il peut être un allié de poids. Avoir une personne de confiance dans le secret permet aussi à Anthony de se sentir plus léger et de mieux tenir le coup.

Les nerfs d’Anthony sont souvent mis à dure épreuve…
Mon personnage a souvent envie de dénoncer les conditions de travail des employés du Grand Hôtel, mais il a les mains liées. Venu pour enquêter sur la disparition de sa sœur, il doit faire profil bas. Malheureusement, c’est plus fort que lui et il parle alors qu’il ne devrait pas. C’est un vrai souci car il se découvre et cela complique sa mission de départ.

Peut-on faire un parallèle entre le personnage d’Anthony et celui de Victor, dans «Le bazar de la charité» ?
Bien sûr ! Il y a des parallèles évidents, à commencer par cette histoire d’amour entre deux personnages issus d’une classe sociale différente. En revanche, dans Grand Hôtel, mon personnage doit faire un choix entre sa famille et ses sentiments. Anthony et Victor ont également des caractères très différents : le premier est beaucoup plus impulsif que le second.

Les rôles d’écorchés vifs, de bad boys vous collent à la peau. Pourquoi selon vous ?
Je dois avoir la tête de l’emploi ! Que ce soit dans Le bazar de la charité ou dans Grand Hôtel, je prends beaucoup de plaisir à incarner ce type de rôles car ils me permettent de passer par une gamme d’émotions différentes avec de nombreuses scènes où ça bouge, ça s’engueule fort et ça s’aime fort : j’adore ça ! Ce sont des personnages entiers. J’affectionne aussi ceux qui sont plus contenus, moins enclins à se battre ou à déclarer leur flamme à la femme qu’ils aiment. Du moment où je suis imprégné de mon rôle, tout est intéressant à jouer.

Comment s’est déroulé ce tournage en deux temps ?
Nous avions tourné près des deux tiers du film lorsque tout s’est arrêté à cause de la pandémie. Du coup, nous avons fini le 1er juillet alors que nous avions débuté le 6 janvier dernier ! Cela peut paraître long et pourtant, cette pause forcée a été salvatrice. J’avoue que j’appréhendais un peu la reprise du tournage après deux mois d’arrêt. J’ignorais comment les choses allaient se passer et je redoutais que ça sente le réchauffé… Or, j’ai la sensation que cette coupure a permis de faire mûrir des choses, de laisser reposer les émotions. Pour ma part, je suis arrivé frais, avec une nouvelle énergie. En plus, nous avons eu la chance de tourner dans un cadre incroyable à Saint-Jean-Cap-Ferrat, un lieu où le temps semble suspendu…

Avez-vous fait de belles rencontres ?
Oui, car un tournage, c’est d’abord une aventure humaine. Avant tout, la rencontre avec le réalisateur est importante. Avec Yann Samuell ou Jérémy Minui, qui ont des styles très différents, tout s’est bien passé. Une relation de confiance s’est rapidement installée et nous avons pu proposer des choses intéressantes. Anthony a beaucoup d’interactions avec d’autres figures du Grand Hôtel, à commencer par Margaux, Will et Amélie. Je me suis parfaitement entendu avec ces trois comédiens et ça n’a été que du bonheur ! Quand Solène Hébert, qui incarne Margaux, réagit tout de suite à mes improvisations et m’en propose de nouvelles, je suis aux anges ! Ce fut pareil avec Maxence Danet-Fauvel, Virgile Bramly ou encore Juliet Lemonnier. Si j’ai partagé peu de scènes avec lui, j’ai apprécié nos échanges très forts avec Alain-Fabien Delon. Mon moment préféré reste celui de la première lecture du scénario avec tous les acteurs. C’est l’occasion de se découvrir et de s’apprivoiser.

Quels sont vos projets ?
J’ai une fin d’année chargée avec la diffusion d’une fiction intitulée Le mensonge, avec Daniel Auteuil, sur France 2. J’ai également tourné dans Voltaire, une série pour France Télévisions, dans laquelle j’incarne Richelieu et dans Emily in Paris, aux côtés de Lily Collins, pour la télévision américaine. Je suis très gâté par la vie ! Tant que l’on me proposera des rôles aussi intéressants à jouer, je serai vraiment le plus heureux. C’est un métier imprévisible et je n’arrive pas à me projeter à trop long terme. Je profite de l’instant présent en espérant que cela dure ! Il y a vraiment eu un avant et un après Bazar de la charité. Sur le tournage, je me souviens à quel point on se rendait compte de notre chance de participer à un projet aussi grand. Puis, les audiences se sont envolées et la diffusion sur Netflix a donné une dimension internationale à la série. Même si on ne me le dit pas ouvertement, je sais que certains projets m’ont été proposé grâce au Bazar de la charité. Cette série m’a sûrement ouvert des portes et je ne suis pas prêt de l’oublier.