Grand Hôtel - Interview de Solène Hébert

Grand Hôtel - Interview de Solène Hébert

publié par Vanessa Vincent le 17/08/2020
«Margaux a une force très masculine»
Dans la famille Vasseur, je demande la benjamine : Margaux. Dans l’univers tumultueux du Grand Hôtel, la jeune héritière fait figure de pilier même si elle va devoir se battre seule pour sauver le patrimoine familial d’une vente annoncée. Solène Hébert dévoile les contours de son personnage central.
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Qui est Margaux Vasseur ?
C’est une jeune femme intelligente, ambitieuse et fidèle à de vraies valeurs. Ce personnage est certainement le plus sain et le plus attaché aux traditions du clan Vasseur. Elle est une belle personne à l’intérieur comme à l’extérieur, qui veut le bien et se bat, souvent seule, pour voir triompher l’amour. Malgré sa disparition, son père tient encore une place essentielle dans son existence. Il est au final très présent dans l’esprit de Margaux et du coup, dans la série. Toutes ses actions sont dictées par ce qu’il aurait souhaité de son vivant. A sa mort, Margaux a choisi de fuir aux Etats-Unis pour surmonter, à sa manière, son absence en se concentrant sur ses études. Ce besoin de couper les ponts et d’aller au bout du monde pour panser ses blessures était nécessaire. Cinq ans plus tard, c’est une femme forte qui fait son retour au Grand Hôtel, prête à épouser Sam, son fiancé, actuel directeur de l’établissement.

Vous retrouvez-vous en elle ?
Absolument ! J’ai la même force qu’elle et je partage les mêmes valeurs. Si je façonne chacun de mes personnages, j’insuffle à chaque fois une part de ma personnalité car il faut toujours partir d’une vérité dans la construction d’un rôle, même si celui-ci est à l’opposé de nos valeurs. Sous son air fragile, très «fi-fille à son papa», Margaux cache un tempérament fougueux. J’ai adoré la mettre en lumière en lui apportant quelques touches personnelles.

Le Grand Hôtel représente à la fois son passé, son présent, mais aussi son avenir. Pourquoi un tel attachement ?
Cet hôtel est un personnage à part entière, un membre central de la famille. La bataille qui va se jouer pour garder la direction du Grand Hôtel n’est pas du tout vénale. Au contraire, c’est la dernière chance de réunir la famille Vasseur autour d’un socle commun. Si l’hôtel est vendu, Margaux sait parfaitement que tout le monde en paiera le prix lourd et que sa famille volera en éclats. Cette pérennité est difficile à maintenir, mais Margaux est prête à se battre, seule ou non. Mon personnage a une force très masculine qu’elle tient de son père, un homme de caractère, très ambitieux. Ses relations avec sa mère, Agnès, sont plus conflictuelles et son retour ne va pas arranger les choses, loin de là…

Margaux est tiraillée entre son fiancé, Sam, et Anthony, un bel inconnu qui vient semer le doute dans son esprit, à quelques jours de son mariage…
… Et toutes ses certitudes vont fondre au soleil ! Leur rencontre au Grand Hôtel est digne d’une comédie romantique, comme je les adore. Elle signifie aussi que tout est possible. Quelle que soit notre vie, ce que l’on a déjà construit ou prévu de construire, tout peut basculer d’un instant à l’autre au gré d’une rencontre qui peut changer le cours de notre existence. C’est une vision certes très romanesque de la vie, mais réelle. Evidemment, Anthony entre dans l’existence de Margaux au moment où il y a une faille et il s’y engouffre avec un naturel désarmant. Leur connivence est instinctive. Une alchimie s’opère : deux aimants, deux amants s’attirent et n’arrivent pas à lutter. Il va être très difficile pour Margaux de tout envoyer en l’air ou de préserver l’équilibre en restant fidèle à son projet de vie. Son père connaissait bien Sam et il était rassurant pour elle qu’il ait connu cette figure aimante avant sa disparition et validé leur mariage.

Connaissiez-vous ces deux partenaires avant le tournage ?
Pas du tout. J’ai fait la connaissance de Victor Meutelet, qui incarne Anthony, lors du casting. Une fois encore, j’ai la chance de tourner avec des partenaires exceptionnels et Victor en fait partie. Notre entente a été instantanée. On a tout de suite compris que l’on pouvait se suivre l’un l’autre. C’est très précieux de pouvoir emmener l’autre dans une direction commune pour mieux rebondir ensuite sur une situation. Cela donne beaucoup de libertés et c’est une porte ouverte à la création pure. Ce fut la même chose avec Virgile Bramly qui interprète Sam. Cette belle relation humaine est importante car notre trio tient une place essentielle dans le scénario et leurs interactions rythment le quotidien tumultueux du Grand Hôtel.

Comment s’est déroulée votre rencontre avec Carole Bouquet, qui incarne votre mère, Agnès Vasseur ?
Tout s’est très bien passé même si au début, il était impressionnant de lui donner la réplique car dans le scénario, nos échanges sont souvent très vifs. Nos relations sont conflictuelles et je passe mon temps à l’accabler. Lors de la toute première séquence, je devais vraiment lui rentrer dedans, ce qui est toujours particulier quand on donne la réplique à Carole Bouquet pour la première fois ! Ce fut un grand plaisir de tourner avec elle. Je manque hélas encore de confiance en moi et j’ai toujours peur de ne pas être à la hauteur de mes partenaires. Du coup, je donne toujours le meilleur de moi-même pour les égaler. C’est la base pour jouer et créer quelque chose ensemble.

Parlez-nous du tournage. Vous avez évolué dans le cadre enchanteur de Saint-Jean-Cap-Ferrat. Quels souvenirs en gardez-vous ?
C’était vraiment magique ! Cela faisait un mois que nous nous étripions au sujet de la direction du Grand Hôtel aux studios de Bry-sur-Marne et nous avions hâte d’entrer dans le vif du sujet en découvrant le cadre de ce palace majestueux sur la Côte d’Azur. Notre arrivée sur place a donc vraiment été impressionnante et émouvante car cet hôtel est le personnage central de cette histoire, un membre de la famille que nous n’avions pas encore rencontré. Cela a dénoué beaucoup de choses dans nos esprits et développé encore plus notre imagination. Bien que nous ayons évolué dans de très beaux décors à Bry-sur-Marne, tout a pris une dimension différente en arrivant dans cet endroit chargé d’histoire, immense, avec une vue à couper le souffle. Il incarne en tout point le chic à la française.

Après les Alpes-Maritimes, retour dans l’Hérault. Etes-vous impatiente de retrouver votre personnage dans «Demain nous appartient» ?
J’ai très hâte de retrouver Sète, qui est devenue ma ville de cœur. J’ai même fait un aller-retour express pour revoir mes amis, ma famille sétoise et mes partenaires, qui me manquent beaucoup. Au départ, je devais m’absenter trois ou quatre mois du tournage mais avec le confinement, cela a pris une ampleur différente. J’étais donc très impatiente de retrouver mon personnage et cette série que j’adore tant à la fin du mois de juillet. J’ai des partenaires en or et Demain nous appartient demeure un projet incroyable.