Rencontre avec... - Marie-Aline Méliyi

Rencontre avec... - Marie-Aline Méliyi

publié par Aurélie Binoist le 25/02/2020
«Sans liberté, la vie n’a pas de sens»
Aux commandes depuis la rentrée du «Ca donne le ton», du lundi au vendredi de 8h30 à 10h Marie-Aline Méliyi s’épanouit pleinement sur l’antenne de LCI. Retour sur son parcours et son évolution avec une journaliste engagée et passionnée.
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A quel moment avez-vous su que votre vie rimerait avec info ?
Je devais avoir 10 ou 11 ans quand j’ai su que je voulais devenir journaliste. D’une nature curieuse, j’ai toujours posé beaucoup de questions. Enfant, j’emmenais souvent avec moi un carnet dans lequel je prenais des notes sur tout. Pour mes parents, le 13 heures et le 20 heures étaient un rendez-vous quasi sanctuarisé. C’était pour moi l’occasion de me forger mes propres opinions. Jeune, je les interrogeais sur ce que je voyais puis, au fil des années, nos discussions devenaient de plus en plus houleuses ! J’ai toujours vécu avec cette culture de l’information et du questionnement. Pourtant, mon père ne m’a jamais encouragée à devenir journaliste car il considérait ce métier trop précaire.

Quel est votre parcours ?
Avant ma licence d’histoire à la Sorbonne, j’ai fait une prépa en Lettres Modernes à Henri IV car je voulais continuer à suivre un cursus généraliste. Cette formation exigeante entraîne à un rythme de travail très soutenu, bonne préparation pour la vie active. J’ai ensuite préparé l’école de journalisme de Sciences Po. Je voulais cette école et aucune autre, c’est d’ailleurs ce que j’ai dit à Michèle Cotta, Patrick Cohen et Bernard Volker qui composaient mon jury à l’oral ! Après le concours, on m’a encouragée à postuler pour la bourse France Télévision qui m’a permis de travailler pendant mes études durant deux ans. Au service des info géné de France 3 national, j’ai fait des reportages, participé à la campagne présidentielle de 2007... Passionnée de politique, j’ai été stagiaire pour France Europe Express présentée par Christine Ockrent, une expérience extrêmement formatrice. Ensuite, j’ai travaillé en région, essentiellement dans les rédactions du Nord, et pigé pour la boîte de production de Thierry Ardisson, pour BFM. Je suis arrivée comme pigiste à LCI en janvier 2009… et je n’en suis jamais repartie ! A l’été 2011, j’ai commencé la présentation comme joker puis, en 2015, j’ai commencé le soir avec Philippe Ballard. Nous avons refondu la tranche en intégrant plus d’invités, de politique étrangère et d’économie. En 2017, on a basculé le midi.

Pensiez-vous faire de l’antenne ?
Non, je voulais faire du reportage. J’ai toujours adoré le direct et le contact avec le terrain. On m’a poussée à en faire quand je suis arrivée à LCI. J’aime la liberté qu’offre l’antenne, surtout depuis que j’ai mes propres programmes. On me donne l’opportunité de construire une émission qui me ressemble. Cet aspect est très important pour moi. Sans liberté, la vie n’a pas de sens. C’est pour cette raison que je reste sur LCI, on me laisse libre de choisir.

Depuis septembre 2020, vous avez pris les commandes de «Ça donne le ton»...
Effectivement, du lundi au vendredi, je suis accompagnée de 4 grands éditorialistes qui débattent avec une totale liberté de parole et de ton. C'est une émission de débat, d’humeur où toutes les sensibilités politiques seront représentées. Parmi les éditorialistes, je peux citer : Gérard Miller, Barbara Lefebvre, Jean-Marie Le Guen, Céline Pina, Daniel Cohn-Bendit, Najwa El Haïte, Olivier Duhamel, Aymeric Caron, Alexandre Devecchio, Charlotte Chaffanjon et Nicolas Domenach.

En plus de dix ans, quel est votre souvenir le plus fort ?
Il y a eu des moments drôles, d’autres pas du tout. Je me souviendrai toute ma vie de ma dernière émission avec Philippe Ballard le soir. C’était le 14 juillet 2016. Nous fêtions notre dernière édition lorsque l’on nous a annoncé qu’un camion fou avait foncé dans la foule à Nice. Nous avons compris que la soirée allait basculer ! Le grand public pense que les attentats font plaisir aux journalistes car ils créent de l’actualité. Mais nous sommes des êtres humains et prenons ces informations de plein fouet. Il faut se blinder pour se focaliser sur l’analyse journalistique et ne pas se laisser envahir par l’émotion. Je me souviens que le lendemain, j’ai éteint la télévision : je ne voulais plus voir aucune image. A l’inverse, je garde un super souvenir d’un autre 14 juillet où je suis allée en immersion avec l’armée de l’air. Je me rappelle aussi d’un jour où nous avons reçu avec Philippe Ballard l’équipe des Harlem Globetrotters. Ils nous avaient fait faire des passes de basket en direct et nous avaient appris une figure. C’était un moment magique !

D’après vous, quelles évolutions ont marqué LCI ces dernières années ?
La place des femmes a complètement changé. Il y a dix ans, elles apparaissaient seulement en duo mais l’homme distribuait toujours la parole et posait les questions essentielles. Aujourd’hui, le nombre de femmes qui occupent des tranches phares ou des émissions a largement augmenté. Je pense que LCI est la chaîne qui laisse le plus de place aux femmes.

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